Affichage des articles dont le libellé est Considérations nébuleuses. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Considérations nébuleuses. Afficher tous les articles

vendredi 24 septembre 2010

Le "moi" virtuel : l'eMoi


Avant toute chose, lecteur, lectrice, je tiens à vous prévenir que je tenterai d'aborder ce concept dans une dimension plus sociale que psychologique. Loin de moi l'idée de m'attaquer au monument freudien du "ça, moi, et surmoi". Ce serait prétentieux, ne le pensez-vous pas ? Et c'est la raison pour laquelle, en toute modestie, j'accompagne ce texte par une photo d'Emile Durkheim, qui, je l'espère, n'aurait pas renié ces quelques idées. Emile, si tu m'écoutes...

La construction du "moi" social est quelque chose de particulièrement compliquée. Soumise à votre éducation, vos influences, les gens qui ont compté, votre rapport au monde, l'image de vous que le regard des autres vous renvoie... Bref, on ne va pas tenter de faire de la sociologie de bas étage, mais il est tout à fait passionnant de s'y plonger, de savoir que l'on peut se reconstruire à tous moments si on en a la force, le temps, l'envie.

Et puis, avec l'incroyable vélocité du développement de l'ère numérique, de plus en plus de gens ont développé un nouveau "soi", une entité purement virtuelle qu'ils tentent d'imposer au monde. C'est un phénomène que l'on avait déjà pu observer bien avant l'avènement d'internet chez certains écrivains : ce contraste énorme entre ce foisonnement intérieur, puissant, imposant, qui transpire dans leurs écrits, et une timidité, voire, une incompatibilité chronique et latente entre l'auteur, son personnage, et ce qu'il EST, dans sa configuration la plus sociale. Pour en revenir à l'"eMoi", combien de fois avons nous pu entendre : "Oh, tu sais, sur internet, c'est un vrai connard, mais en vrai, il est adorable" ?
Ce "moi virtuel", nous le nommerons "eMoi" (faute de mieux). Son existence est souvent stimulée par des interfaces comme twitter ou les blogs tel que celui de votre humble serviteur, mais également, et c'est plus étonnant, dans ce en quoi Facebook tend à évoluer aujourd'hui.

[Note] : à ce moment précis du récit, il serait bête que le lecteur un peu perdu s'imagine que l'"eMoi" ait quoi que ce soit à voir avec un emo. En effet, l'"eMoi" est l'habile juxtaposition de la lettre "e" que l'on prononcera "i", et qui correspond au diminutif de "electronic" et du mot "moi", désignant l'ego. L'"eMoi" n'écoute donc pas de musique allemande, ne se taille pas les veines, et n'a à priori aucune obsession malsaine pour les vampires ado qui brillent au soleil.[/Note]

Je vous disais donc qu'être un "soi" au monde devient plus simple lorsque l'on distribue soi-même les cartes. On peut se passer de visage ; devenir un être virtuel signifie que l'on montrera de préférence des images qui sont censées nous définir : avatars, citations, photos ne montrant qu'une partie de son anatomie... Dépouillé de son aspect physique, la personne peut devenir un être sublimé, fantasmé, voire parfaitement "je-m'en-foutiste". Je tâcherai de revenir sur toutes ces catégorie ultérieurement.

Car en fait, je m'interroge bien plus sur la finalité de ce "moi" virtuel, sur sa surimposition au "moi" pré-existant, et sur les risques que cela comporte. Je m'explique :
Combien d'"êtres au monde" ne se définissent plus dans la plupart de leurs rapport sociaux que par l'intermédiaire de ce "moi" qui ne l'est pas ; d'autant plus lorsqu'ils possèdent une once de notoriété. Combien acquerront la certitude que ce "moi" a plus de consistance, de tangibilité que l'autre, parce qu'il est multiforme, plus malléable, moins sujet à la censure, qu'il peut, tout simplement, plus facilement se composer pour s'imposer. Car cet "eMoi" dont je vous parle, ne s'encombre pas de critique. Il ne la subit d'ailleurs pas, il avance, en continue, il recherche uniquement l'approbation, la reconnaissance, et se gargarise de n'être jamais écorné lorsque tombent les insultes. Vous remarquerez, lorsqu'on porte atteinte à votre personnalité virtuelle, vous ne réagissez que si vous estimez que les propos sont déplacés, inappropriés. Pour exemple, prenez une femme. Au terme d'un article, un lecteur réagit, et se prononce sur le fait que cet article est forcément mauvais, puisque c'est une femme qui l'a écrit ; en s'en prenant à son sexe, il sépare les deux entités. C'est alors dans son "moi" que la femme est attaquée. Son "eMoi", lui réagit spontanément par le mépris, ou le dialogue. Mais il demeure intouché.
Je vais vous donner un exemple concret, cela devrait vous aider à comprendre le fond de ma pensée :
  • Il va y avoir ce que j'appelle l'"eMoi royaliste" : C'est celui que l'on retrouve le plus souvent dans la blogosphère, et/ou auprès de ceux que l'on pourrait qualifier d'"influents" (et là, je me marre). Il est de ceux que l'on qualifie d'impérieux, suffisant, méprisant. Le principe est simple : peu importe le nombre de détracteurs, même s'ils sont virulents, l'eMoi sait qu'il aura pour lui une majorité béate, candide et soumise qui continuera de l'approuver. La meilleure preuve qu'il en a : plus on l'insulte, et plus cela génère du trafic, plus il est visible, et plus on parle de lui. Il n'a même plus besoin de se défendre vraiment. D'autres s'en chargeront pour lui. D'autres que, par ailleurs, il méprise pour ne pas appartenir à la petite élite d'influents dont il fait partie. Pour appuyer encore un peu mon propos (et éviter de passer pour un énième haters), je vous conseille d'aller voir cet article sur le blog de Guillaume avec qui je partage beaucoup de points de vue, quelques exemples en particulier.
  • Ensuite, il y a l'"eMoi princier" dans ce que la principauté peut avoir de populaire à l'heure actuelle : ce dernier est une variante de l'"eMoi Royal". On aurait aussi bien pu le nommer "eMoi People". Lorsque je nomme cette catégorie, je pense à des gens comme Monsieur_Dream ou Marion_mdm. Il s'agit de toute cette frange de gens qui n'ont "pas fait exprès" de devenir des sommités virtuelles, MAIS, contrairement aux êtres dotés d'un "moi virtuel royaliste", ils en ont conscience. Ils ne sont pas "influents", dans ce cas, mais "visibles". C'est l'une de ses catégorie qui subit bien plus que les autres son "eMoi". Face au lectorat, à ses attentes, aux éventuels retombées médiatico-blogo-politico-sociale, le "moi" va se diluer dans les propos de l'"eMoi". Il rejoint en cela la prochaine catégorisation que je vais tenter de vous décrire.
  • l'"eMoi démocrate" : C'est l'"eMoi" le plus fréquent à l'heure actuel. l'"eMoi" consensuel, celui qui, contrairement aux autres catégories, se réfère uniquement aux autres pour exister : il a besoin de la masse pour faire quoi que ce soit. Souvent, il a besoin de l'approbation de ses pairs, ou de ceux qui ont plus d'expérience que lui. Car la virtualité est un mirage dans lequel certains s'égarent. Beaucoup cherchent dans leurs statuts, leurs récits, ou leur comportement, une approbation, n'importe quoi qui pourrait appuyer leur légitimité à passer à l'acte. Pourtant, le lecteur ne possède pas, puisque l'auteur ne les lui donne pas, toutes les clefs d'interprétation nécessaires à la prise de certaines décisions. Beaucoup de "démocrates" accusent leur arrivée tardive dans l'enceinte virtuelle. Ainsi, leur "eMoi" est dès le début définit par le jugement des "vieux briscards" de la blogosphère. Dur pour quelqu'un comme @AnnaMinou de sortir de son rôle de lolita pré-pubère lorsqu'on s'est fait introduire dans le milieu avec éclat. Mais ceux qui souffrent d'un manque de personnalité sur la toile ne sont pas que ceux qui doivent composer avec une réputation sulfureuse. Considérons les blogs à opérations sponsorisées tel que celui d'Anne-Laure et Benjamin, les "célèbres" H2. Pour vous résumer la situation, je vous renvoie une fois encore sur le site de Guillaume. Et vous pourrez également lire cet article.
  • Il serait difficile de composer sans un "eMoi totalitaire" : C'est celui qui tente de s'imposer, par des caractéristiques simples, souvent grossières même, et qui ne souffre aucune critique. Souvent, il s'écoute parler pour ne rien dire. Je ne voudrais causer de préjudice à personne, et encore moins lui jeter la pierre. Ainsi, loin de moi l'idée de mettre en avant le fait que Carl de Canada, aka @mixbeat s'avère être un exemple de choix ! Pour résumer, ce genre d'individu est fier de posséder un énorme "ePénis". Voilà...
  • Enfin, il y a la catégorie de l'"eMoi anarchiste" -ou eMoinarchiste- : En général, c'est celui qui s'accroche le plus à sa ligne éditoriale, contre vents et marées. Peu lui importe les sirènes de la gloire, ou la critique. La dérive de ce genre d'"eMoi", c'est qu'il est diamétralement opposé au "moi" originel dans la plupart des cas. Pour exemple, on pourra nommer des gens tels que @Soymalau, @ToitagL, mais également XoxobCapucine. La catégorie est donc suffisamment large pour accueillir le bon vieux troll des familles, ou la blogueuse beauté intransigeante.
Sur le papier, ces théories semblent fermés. En fait, elles sont relativement perméables, et beaucoup se retrouvent simultanément ancrés dans deux ou plusieurs catégories. Je dirais même qu'elles sont temporelles.
Alors qu'aujourd'hui, tout un chacun a la possibilité de devenir l'auteur de son existence aux yeux du monde l'on s'aperçoit que la création de ce nouveau moi virtuel, de cet "eMoi", aussi inconscient soit-il, ne saurait être socialement juste. Quel qu'il soit, il se heurt systématiquement aux écueils suivants : un manque d'objectivité que l'on retrouve tant chez son auteur que chez son lectorat, le refus de la critique, son incapacité à coller au réel, sa recherche biaisée d'une vérité qui le conforte dans son statut, et enfin, une capacité d'adaptation qui va en déclinant.

Je dois vous avouer ne pas trop savoir dans quel catégorie me situer ; moi qui n'écris jamais sans avoir regarder une petite dizaine de fois la finale de la coupe du monde 98, moi qui suis bien incapable d'avoir quelque idée avant 13h40 et la fin du journal de Jean-Pierre Pernaut, moi qui compulse mon petit exemplaire du célèbre livre du Führer pour vérifier que je ne fais aucune faute de grammaire. Bref, moi, qui ne suis finalement qu'un homme comme les autres.
C'est pour cette raison que j'en appellerai à votre sens inné du juste, mes chers petits amis. Et, j'y tiens beaucoup, n'oubliez pas d'appuyer vos propos par quelque justification objective !

samedi 18 septembre 2010

L'important...

C'est d'aimer


[Nouveaux updates à venir]

vendredi 14 mai 2010

Ma Las Vegas Parano (mais comme on n'a pas les moyens, on se limitera au Sud de la France)

Au départ, rien ne préparait notre pauvre petit héros malgré lui –que pour des raisons de narrations, nous nommerons ultérieurement "petit homme"– à entrevoir ce qu'il allait vivre dans ce qui s'apparentait le plus aux 24 prochaines heures de son existence.

Le héros, on le connaît bien. Et soyons honnêtes, il pourrait affronter des dragons, des armées de revenants ou une horde de fans de Dimmu Borgir à mains nues, entravé par des chaînes de plusieurs tonnes, avec comme contrainte de tenir le monde en équilibre sur l'extrémité de son petit orteil gauche, qu'il en rirait encore, mais par contre, face à quelques microgrammes d'une toute petite molécule chimique, il en mène pas large !

Mais commençons par le commencement. Lorsque l'histoire est sur le point de débuter, notre héros se voit proposer de venir passer un week-end particulièrement exaltant quelque part en dehors de sa chère capitale qui commence quelque peu à l'opprimer. Exaltant, car il sait qu'il aura l'occasion de voyager au travers une nouvelle expérience psychédélique ; milieu riche en réponse pour qui sait poser les bonnes questions. Et, à ce moment précis, le petit homme a besoin de réponses.

L'expérience, il l'a déjà faite. À plusieurs reprises. Le processus est plus ou moins toujours le même. À chaque fois, on essaye de bien chiader l'affaire. Certaines personnes sont persuadées que les "junkies" sont des abrutis irresponsables incapables d'assumer les conséquences de leurs actes, et qui vendraient père et mère pour se fournir leur cam'. Sans doute est-ce le cas pour certains. Mais l'on ne m'ôtera pas de l'idée qu'il s'agit le plus souvent d'un archétype hollywoodien du "drogué" qui tend à relayer une image négative dans certains (excellents) films comme Taxi Driver ou More. Le petit homme n'est jamais aussi consciencieux que lorsqu'il se prépare à partir faire une balade mentale.

C’est toujours la même chose. Il commence par préparer un goûter –parce que les expériences gustatives, c'est important. Ensuite, il faut vérifier qu'il a bien acheté ses deux litres d'eau par personnes ; c'est un minimum pour éviter la "gueule de bois" le lendemain. Enfin, et selon la durée du voyage, il prévoit parfois un dîner, histoire de se remplir la panse et revenir sagement à la réalité. L'indispensable, c'est bien évidemment la petite playlist pour favoriser le passage, voire se faire des petits labyrinthes mentaux.

Il y a une règle à laquelle toute entité qui désire prendre une quelconque substance avec le petit homme doit se soumettre. LA règle : il faut promettre alors de couper toute interface avec le monde réel. C'est une règle élémentaire, une règle de survie.

Ce samedi après-midi, il y avait trois individus –deux entités frères et une entité soeur– ; tout autant à enfreindre la règle, prêts à affronter d'éventuels démons. Sauf que cela, aucun des deux autres ne le savaient, bien évidemment ; et c'est là que commence le problème.

Une fois que tout est prêt, il y a le rituel. On prend le petit biscuit de deux gouttes, et on le met dans la bouche, avec l'impression d'être Alice se jetant dans le terrier du lapin. Les effets ne mettent pas longtemps à se faire sentir, et très rapidement, le petit homme mène son petit bonhomme de chemin d'expérience, et tout se passe, ma foi, pour le mieux. Les autres entités interagissent peu avec lui, mais c'est toujours très amusant. Il est rare que leurs échanges durent plus d'une ou deux phrases, souvent sibyllines pour quelqu'un d'extérieur, mais contenant la quintessence d'une puissante réflexion pour d'autres « voyageur ». Chacun est dans son monde et ces mondes rentrent assez peu souvent en contact.

Après quelque temps ("mais combien déjà ?") survient le tilt. On a perdu quelqu'un dans l'affaire ; à priori, l'autre entité mâle : Frère. Vaguement inquiet, le petit homme décide d'en parler à Soeur. Lorsqu'il la trouve, cette dernière est en train de tourner en boucle au téléphone avec une tierce personne. Cette tierce personne semble ardemment désirer s'entretenir avec notre héros. Pour faire clair, RIEN n'aurait pu être pire à ce moment précis. Rien ? malheureusement, ils allaient apprendre que si.

La tierce personne, une étrange Voix au téléphone, est inquiète. Pourquoi ? Honnêtement, aucune idée. Certainement pour la même raison que la pierre est en train d'expliquer au petit homme pourquoi il suffirait de créer une cosmogonie entièrement minérale, purgée de toute humanité et de toute organisme vivant, ou que chaque note qu'il peut jouer au piano se transforme en une corde qui fait de lui un pantin actionné par une sorte de génie grimaçant. La Voix ne semble pas savoir qu'il suffit de prétendre être un caillou visiblement. Elle pose des questions beaucoup trop terre-à-terre pour que le petit homme les relève. Il préfère discuter avec le sol en marbre ; il reste, comme d'habitude, très à l'écart de tout ça. Son ego est très, très loin, protégé, certainement, quelque part.

Le problème, c'est que Frère est toujours absent, et que peu importe le nombre fois qu'il raccroche le téléphone, Soeur s'acharne à appeler la Voix, qui pose sempiternellement les mêmes questions. Persuadé qu'il s'agit d'un enregistrement placé là pour le détourner de sa mission –qui consiste à sauver le monde en mangeant du gâteau au chocolat–, le petit homme, très en colère, finit par raccrocher une fois de plus. Une fois de trop.

Une fois de trop, oui, car la Voix semble prendre la situation très au sérieux. Et ce n'est que lorsque le petit homme réalise que la porte d'entrée n'est plus fermée, et qu'il y a des gyrophares à l'extérieur, qu'il commence a avoir peur. Ou pas. Après tout, il est sans doute en train de rire assis à la table de la cuisine, à manger un bout du gâteau au chocolat qu'ils ont préparé avec amour (et qui doit lui permettre de sauver le monde, n'oublions pas !). Il ne peut pas sérieusement se trouver dans cette entrée exiguë à parler à des agents de la maréchaussée de la prise de psychotropes de deux personnes sur les deux présentes à l'appart ("ai-je dis deux ?(merde, où est passé le troisième ?(ha oui, c'est vrai, rien de tout cela n'est vrai, je suis dans ma tête ! (suis-je con)))"). Ce serait parfaitement grotesque, et complètement stupide.

Mais essayons d'avoir un rapide coup d'oeil sur l'ensemble : vu de l'extérieur, ça donne ça :

La police est dépêchée au 8 avenue quelque chose dans une quelconque ville du sud de la France, et, avouons-le, tout le monde s'en fout que deux personnes aient pu prendre une quelconque dose de quoi que ce soit (qui n'engage pas le processus vital, ni même mental, dans l'affaire, ne soyons pas débiles non plus !). Sauf qu'ils ont un job, qu'ils font, de manière respectable, et lorsqu'ils entendent certains mots, cela provoquent chez eux certains réflexes (sommaires, pour ne pas dire butés et conditionnés uniquement dans le but de prouver que les forces de l'ordre peuvent être très bêtes, n'ayons pas peur des mots).

Très rapidement, dans la tête du petit homme se forment les gros titres tels qu'on aurait pu les lire dans n'importe quel tabloïd racoleur : "un couple d'étudiant consomme DE LA DROGUE ! La compagne est envoyée au service des urgences psychiatriques pendant que la police pense avoir ferré le plus gros dealer de la ville et de ses environs ! Plus de précisions en page 3, juste après le bébé qui mange le chien de sa mère "ex-star vaguement connue qu'en fait on est pas vraiment sûr que c'est elle, mais bon, avec la lumière, on pouvait pas trop savoir", et avant la vérité sur OBAMA et la conspiration reptilienne."

la situation telle qu'elle sera décrite dans le rapport du sergent "je-fais-un-excès-de-zèle" : nous sommes rentrés d'office et sans mandat dans un domicile après avoir reçu un coup de fil d'une tierce personne (autant dire : la Voix) et nous avons appréhendé un "couple" (terme à définir ultérieurement) en "possession" de stupéfiants, et manifestants des signes de prise au cours des dernières heure. nous avons appelé les urgences. Les pompiers semblaient coutumiers de la situation, et ont décidé d'emmener la "victime" de sexe féminin en surveillance. Pendant ce temps, nous avons interrogé la "victime" (avec une gros point d'interrogation que souligne admirablement le sourcil froncé du sergent "peu-importe-son-nom" au moment où il considère le petit homme) de sexe masculin. Nous avons décidé de le cuisiner (comme des salauds) avant de décider de l'amener pour la forme, au poste.

La situation dans la tête du petit homme : rhaaaa, putain, c'est pas possible, on aurait voulu me faire le coup du mec qui se fait prendre là où il fallait pas, je vous jure, j'aurais choisi la même gueule du pompier sympa tout droit sorti d'un calendrier pour le nouvel an !

À ce stade-là, le petit homme est encore plus persuadé que tout n'est qu'une farce mentale. Et RIEN ne semble lui prouver le contraire. Les flics sont de mauvais acteurs, qui sortent leurs répliques dans n'importe quel ordre. Il y a le méchant flic et la gentille fliquette, tous deux affublés de têtes caricaturales au possible. D'ailleurs, le petit homme est sûr à 200%, et il miserait sa mère sur l'affaire s'il le fallait, qu'il a déjà vu ces têtes sur la couverture d'une quelconque bande dessinée narrant les désopilantes histoires de deux policiers. Lorsqu'ils arrivent, les pompiers ont VRAIMENT l'air d'être sympa, prévenants, professionnels, tout comme il faut. Ils posent les bonnes questions, ont les bons gestes, assurés, rassurants. Ils sont à l'opposé des agents des forces de police. C'en est tellement cliché, que le petit homme se retient de faire le moindre commentaire quant à la réalité de la chose, et attend bien sagement de savoir quelle espèce d'énormité son cerveau va encore être capable de générer. En fait, s'il n'ouvrait pas sa gueule pour montrer au méchant sergent son ignorance en matière de substances psychoactives, les deux agents présents sur place le laisseraient certainement partir comme s'il n'avait jamais été là, bien qu'ils semblent tous deux persuadés avoir mis la main sur un gros dealer tout droit descendu de Paris pour semer la merde dans le Sud –qui n'a pas vraiment besoin de lui pourtant.

Mais bon, comme tout ceci n'est qu'une farce, allons-y pour la voiture, avec les gyrophares, et tout le reste. C'est joli les couleurs après tout.

Pour précision, nous dirons à notre lectorat que le voyage a commencé aux environs 15h, et qu'il est un peu plus de 17h au moment ou le petit homme quitte l'appartement pour suivre nos Dupont et Dupond improvisés. Seulement.

Arrivé aux urgences, où on l'a amené pour veiller sur Soeur Le petit homme se dit que son trip pourrait être plus original tout de même. La petite interne ressemble à une amie, et le médecin à la gueule d'un second rôle de Jeunet. Ou de Tarantino... Enfin, quelque part au moment où il croise Capra. Et lorsqu'il décide que les policiers, c'est très amusant, mais qu'il aimerait bien voir ailleurs, ces derniers décident soudainement que la farce a assez duré, et lui restituent ses papiers, le sermonnent, vaguement, en lui faisant promettre de ne plus recommencer, puis s'en vont, sans autre forme de procès.

Alors le petit homme s'en va explorer les rues fantasmées d'une ville qu'il n'a jamais vu !

Et il n'est pas déçu du détour ! Tout y est tellement pleins de couleurs, de résonances, de sensations, de fêtes fiévreuses et fastueuses, qu'il est conforté dans l'idée d'être toujours allongé quelque part dans un appartement, situé dans une vraie ville, pas ce simulacre en carton qu'il reconstitue en fonction de ces souvenirs diffus. Et franchement, vous auriez vécu ce qu'a vécu le petit homme, comment auriez-vous pris la chose ? Lorsque, comme le petit homme, on devient un milliard de choses, l'esprit qui lie chaque être présent à un moment donné, que l'on devient, même une sensation, la sensation du goût par exemple, ou même, plus que cela, un concept, RIEN ne vous facilite le retour à la réalité.

Et puis soudain, le petit homme se rappelle qu'il a allumé son interface avec le monde réel. ou plutôt, cette interface le lui rappelle-t-elle lorsqu'elle vibre dans sa poche. À ce moment exactement, le *ting ting* d'un tram le frôle. S'il n'y avait pas eu cette vibration, ce simple message, ce "mais qu'est-ce qu'il se passe", le petit homme aurait continué sa route. Et il n'aurait sûrement pas remis les pieds sur terre, l'instant où il le fallait, pour comprendre que tous les éléments autour n'étaient pas dépendants de son bon vouloir. Au contraire certains étaient clairement hostiles, et se plaisaient à le lui rappeler à grand renfort de sons et de bruits dissonants qui allaient mal avec le décor. Il n'aurait pas réalisé qu'il était EFFECTIVEMENT dans les rues d'une quelconque ville du Sud, à 19h30, ce qui tendait à confirmer qu'une autre personne présente au début du voyage était à présent aux urgences, et qu'il se retrouvait tout simplement paumé, sans point de repère, après avoir erré dans les rues d’une zone inconnue pendant 1h. Seulement ! Et franchement, si l'on montre ce que le petit homme a vu dans une agence touristique à n'importe qui, ce dernier signe pour y partir directement. Et verse un supplément. Cash !

Après bien des efforts, des détours, des explications attentives de la part de l’entité parisienne, le petit homme retrouve le chemin de l’hôpital. Le retour aux urgences se fait calmement, les personnes semblent compréhensives, et on arrive, petit à petit, même si c'est dur (parce qu'il y a toujours des trucs dans le champ de vision, et que ce médecin a DÉCIDEMENT la gueule d'un second couteau dans "on ne sait plus trop quoi"), à raisonner Soeur pour qu'elle tente de se ressaisir et revenir à la réalité. Les médecins laissent même repartir le petit homme et Soeur. Ils peuvent entamer le processus de reconstruction de l'être à travers les rues de la ville, qui ne sera plus tout à fait les mêmes, mais plus tout à fait inconnue non plus.

Ils sont persuadés que la police a déjà mis des scellé sur la porte, que rien ne sera plus comme avant. Pourtant, il n'en est rien. Ils franchissent, presque interdits, le seuil de la porte, encore hallucinés que l'ensemble de l'histoire n'ait pas de conséquences plus néfastes que cela.

La grande question qui planait sur Frère est levée dès lors que le petit homme et Soeur franchissent le seuil de la porte ; accueillis qu'ils ont été par une odeur de nourriture exotique. Un impérieux désir de consommation imminente avait poussé le troisième cuistre en dehors des murs de ce bastion insurmontables.

Lorsqu'ils pénétrent dans le salon, Frère, qui sort alors de la cuisine, les accueille, fort surpris de constater qu'ils n'étaient pas sagement dans leur chambre à finir le grand voyage.

Ironique n'est-il pas ?

mercredi 3 mars 2010

Les femmes : mode d'emploi et avis nº1

Avez-vous déjà remarqué qu'il n'existe rien de plus prévenant qu'une femme. Oh, Les mauvaises langues seront tentés, certainement, de dire qu'elles sont prévoyantes, calculatrices, machiavéliques. J'aurais tendance à préférer penser qu'elles agissent de cette manière par instinct de survie. Car, à n'en point douter, la femme survivrait à l'homme si celui-ci venait un jour à disparaître, malgré tout ce qu'elle a entrepris au cour des siècles pour tenté de le convaincre du contraire.

Mais nous nous égarons, et je vois déjà, mes chers petits amis, que vous ne voyez pas exactement où je veux en venir...

Amis de la gent masculine, ne vous êtes-vous jamais retrouvés face à des femmes qui tentaient de vous prévenir, faible créature que vous étiez, qu'elles n'étaient pas ce qu'elles vous montraient ; qu'elle avait déjà pris soin, sous leur trait le plus arachnéen, de tisser une toile dans les mailles de laquelle vous étiez déjà pris au piège, sans même vous en rendre compte ? Et que c'était peut-être seulement la dernière lueur d'humanité qui subsistait en elle qui tentait de vous protéger, de vous mettre en garde ; car, n'en doutez surtout pas, vous alliez souffrir.

Cette attitude (maintes fois étudiée par votre serviteur ; si si, je vous assure qu'il sait, lorsqu'il le faut, prendre des risques) démontre au moins deux choses :
1) Que les femmes sont incapables de profiter de l'instant présent –dans tous les cas bien moins que les hommes– et que, pour se protéger, elles sont tout de même capable de bien se pourrir la vie. Au final, je ne sais pas quel est le plus intéressant. Mon pragmatisme me pousserait à pencher pour la solution de facilité.
2) Que quelque part, dans le processus de soumission feinte à l'homme, la femme s'est faite prendre à son propre jeu. Non seulement elle a inventé le prince charmant pour flatter l'ego surdimensionné du mâle, mais en plus, et surtout, y croit-elle toujours –ce qui dénote une candeur et une naïveté touchante si l'annonce n'arrive pas à un moment particulièrement peu opportun.

Il doit encore y avoir quelques corollaires relativement intéressants à tirer de ce simple constat, mais la conclusion à laquelle je souhaitais venir est la suivante : Mesdemoiselles, je vous en prie, faîtes des hommes des esclaves sexuels si cela vous chante, mais par pitié, cessez d'être chiantes en essayant de préparer vos arrières pour passer pour la gentille fille qui prévient avant. Vous n'en serez vous aussi que plus libérées.
Pendez-moi si vous le souhaiter, pour salir mon blog de cette phrase ; Celle de tous les poètes maudits qui en ont oublié le sens profond ; la phrase des désespérés, des procrastinateurs, des oisifs, des utopistes, mais également des jardiniers, des latiniste en herbe et des académiciens en gerbe : putain de bordel de merde, "Carpe diem" ! Et arrêtez de me faire chier maintenant.

mercredi 16 décembre 2009

Tué par le travail


En ce moment, je suis quelque peu débordé. Donc je n'écris pas beaucoup. Je suis désolé.

Je vais essayer de finir la chaîne des sept péchés musicaux dès demain.

Et de publier quelques textes oubliés pour vous faire patienter.

Essayer.

*mort*

mercredi 2 décembre 2009

Le reste du monde et moi

Journée pourrie. Pas envie d'avancer. Comme à mon habitude, je suis debout, avec mon casque vissé sur la tête qui me distille du Infected Mushroom : Becoming Insane. Plutôt bien résumé. Derrière moi, un chien aboie. Un petit chien, que d'autres jugeraient mignon. Une saloperie sur pattes si vous voulez mon avis. Et deux sièges plus loin, il y a la petite vieille qui s'oublie. Sentir le cadavre en putréfaction, de si bon matin, en soi, c'est une performance. Le 89 passe devant Jussieu avant de remonter la rue du Cardinal Lemoine. Il fait froid. Intérieurement, je jubile. Ils ne le savent pas encore, évidemment. Il ne sont pas conscient du fait que, bientôt, ils seront libérés. Libérés des autres, du chien des autres, des odeurs nauséabondes, de ce flux incessant de personnes qui s'amassent, abrutis de sommeils et de pensées obscures.

Mais l'on va encore se faire une fausse idée de moi. On imagine que je déteste tout le monde. C'est faux. J'aime tant l'humanité que ça me fait mal. De la voir se débattre misérablement pour tenter de survivre au jour le jour. De la voir se déchirer, se mutiler, s'affamer, quotidiennement, c'est un véritable supplice. Le vice caché de l'humanité, actuellement, ce sont les boutons. Donnez un bouton, ou un gâchette à quelqu'un et vous pouvez être sûr que par une curiosité presque malsaine, il appuiera dessus. Pour voir.
J'aime l'humanité. Et pourtant, ce n'est pas tous les jours facile. Si vous saviez comme je n'ai pas envie d'être condescendant avec le parfait abruti qui s'amuse à me défier du regard. S'Il savait. S'il se rendait compte qu'après tout, il suffit d'aimer. Un vague chevelu accompagné par sa troupe de joyeux drilles l'avait bien résumé il y a presque 2000 ans. Théoriquement : génial ; idéologiquement : inattaquable ; pratiquement : impossible.

Une mère et son fils viennent de monter à l'arrêt Henri IV. Il doit avoir 6 ans. Il n'a pas encore conscience de cela. Sans doute d'ailleurs, a-t-il déjà commencé à détester son prochain. Le petit Thomas qui a refusé de lui céder la balançoire alors qu'il était déjà dessus depuis 10 minutes, au moment de la récréation. Lui qui ne devrait être qu'innocence, amour et empathie. Malheureusement, lorsque l'on voit sa mère percluse de tiques en tous genre, force est de constater qu'elle n'a pas l'air d'être un modèle d'ouverture d'esprit et d'épanouissement. Mais ne t'en fais pas petit, toi aussi tu seras libéré. Bientôt.

"Insane, insane, insane, insane, all becoming insane [...]"

Le volume à fond, j'importune une petite dame à côté de moi. Elle n'est visiblement pas sensible à la musique électronique. Ne vous inquiétez pas madame, je descends à la prochaine station. Dans mon dos, le roquet continue d'aboyer. Tiens, cela me rappelle un vers holorime d'Hugo. Ou Musset.

Pendulum : The Other Side. "Come on down to the other side, come with us throught the gates of hell, we will drag you from where you are to where you belong". On ne pouvait faire une chanson qui soit plus de circonstance.

Le bus passe devant le Saint-Etienne du mont, longe la bibliothèque Sainte-Geneviève, dépasse la façade du Panthéon, et s'engage dans la rue Soufflot. "The ship is coming down, the ship is coming, the ship is coming down, coming down, coming down".
Nous arrivons à l'arrêt Soufflot. Le petit troupeau est amassé, prêt à monter dans un bus déjà bondé. Comme ils ont raison. Montez, montez, vous connaîtrez bientôt la révélation salvatrice !
Les portes du bus s'ouvrent. Un flot s'engouffre par la porte avant. D'autres attendent à l'arrière que certains voyageurs descendent. Ils savent que c'est interdit. Il savent que le chauffeur se contentera d'appuyer mollement sur un petit bouton qui déclenchera un message enregistré. Point. Je quitte le bus. Il se peut que dans ma hâte, j'ai laissé tombé un petit interrupteur. Et oublié ma sacoche. Vraiment, je n'ai pas de tête ce matin.
Je remonte la rue Soufflot. Le froid incisif me saisit directement. Je remonte le col de mon pardessus. Je suis cliché. J'aime cela. Derrière moi, on peut entendre les aboiements d'un chien, quelques conversations indistinctes, et l'annonce diffusée à l'intention des resquilleurs : "Nous vous rappelons que vous devez monter à l'avant du...". Bruit de l'explosion, la phrase restera en suspens. Autour de moi tombent violemment les restes calcinés du bus 89. Dire qu'il aura suffit d'un bouton, encore une fois. Mais eux, au moins, sont libérés. Enfin.
Dans mes oreilles, Pendulum continue de chanter.

"We will drag you from where you are to where you belong"

Oui, vraiment, c'est une belle journée !

mardi 24 novembre 2009

Un an, déjà !

Mon blog a un an, et j'ai raté la date anniversaire. Je crois que c'est ce qu'on appelle communément une "loose".

Et oui, cela fait déjà depuis le 16 novembre 2008 que je vous embête avec des bêtises. Et que certains trouvent encore cela intéressant, cela me dépasse sincèrement, mais après tout, qui suis-je pour juger ?

Depuis un an, je pense qu'on a clairement vu que ce blog me servait à publier quelques textes, pour que je tente de me recentrer quelque peu sur l'écriture, mais il y a tant de choses que je souhaiterai faire dessus. Me remettre au dessin, vous faire écouter quelques compositions musicales, m'essayer à la photo, ou [ironie] publier des billets sponso et de mode, pour enfin devenir un blogueur influent [/ironie].

Bref, ça fait un an. Voilà. ça me fait quelque chose quand même. Sinon, je ne vous en parlerai pas. Un an à suivre mon petit bonhomme de chemin, en marge d'une communauté qui terrifie/fascine/énerve/attire. Et je vais vous dire une chose : ça me va très bien. Si vous continuez à y être fidèle, c'est la preuve que ça doit marcher, non ?

Mais je vous rassure. Ce n'est pas pour cela que je vais me laisser aller, et m'engoncer dans un confort précaire. La deuxième année de ce blog sera une année de grands changements, d'essais, et de renouveau. Voilà !

Pour que la troisième semaine de novembre soit marquée par l'arrivée du Beaujolais nouveau, et l'anniversaire de ce blog !

Amen.

mardi 27 octobre 2009

[chaîne] Les sept péchés musicaux : Gourmandise

Et voici à nouveau venu le temps de la chaîne musicale que tout le monde attend !

Aujourd'hui, nous allons aborder le thème de la gourmandise. Et puisqu'on ne change pas du jour au lendemain ce que l'on avait l'habitude de faire, je vais donc vous livrer dans un premier temps mon appréhension de ce terme.
La gourmandise est avant tout culinaire. Et ne me correspond pas. Il est très rare que je sois victime d'un caprice alimentaire, et je n'ai jamais mangé outre mesure (même si ma courbe de poids entre mes 10 et 15 ans ont tenté de me prouver le contraire).
Pour illustrer la gourmandise, il y a cette magnifique chansons de Marilyn Manson, interprétée dans le cadre du dessin animé Clone High dans lequel il incarne son propre personnage. Je vous laisse profiter de Food Pyramid.


Mais, la gourmandise ne concerne pas uniquement la nourriture. La gourmandise, c'est l'excès de toute choses. Avoir les yeux plus gros que le ventre, certes, mais également abuser immodérément de ce qui est initialement bon, si ce n'est nécessaire. Étonnement, c'est quelque chose que je ressens avec beaucoup de musiques manouches. Très riches, peut-être trop pour être parfaitement assimilées. Là, il me vient un exemple purement électronique avec Dragons de Caravan Palace, mais beaucoup d'autres, beaucoup moins abordables.

Pour la prochaine fois, nous aborderons le thème de l'avarice. Certainement le péché le plus difficile à retranscrire. À moins que...

Bien ! Nous verrons toujours cela la semaine prochaine !

mercredi 21 octobre 2009

C'est une honte !

[...] Je ne poste rien en dehors d'une chaîne depuis 2 semaines. Mais soyez rassurés, je suis on ne peut plus mal de constater cela en même temps que vous. je vais me rattraper ; me ressaisir. Après tout, les super-héros aussi peuvent ressentir un certain sentiment de gêne et d'embarras profond.



Je vais écrire. Bientôt. Promis.

mercredi 7 octobre 2009

Légimité

Ce soir, mes chers petits amis, je vais vous parler d'un point qui me tient à coeur. Un point qui me servira de petite introspection. Et, une fois n'est pas coutume, je vais vous demander, humblement, de bien vouloir m'aider. Je vais donc aborder sans plus tarder la douloureuse question... de la légitimité.

La légimité, c'est une question qui me tient à coeur depuis longtemps. Un peu crânement, un peu connement. Mais pour bien faire les choses, il faudrait déjà, dans un premier temps, définir ce que c'est, que la légitimité ! Et sur ce point, le Petit Robert 2009 est formel. La légitimité c'est avant tout un :
n.f. tiré du lat.médiév. legitimitas. Il peut être synonyme de souveraineté lorsqu'il se rapporte au droit.
Mais sa deuxième définition nous intéresse plus :
La légitimité constitue une qualité de ce qui est juste, équitable, raisonnable
La légitimé ce situe donc dans un espace personnel relativement indistinct. Il s'agit de cette étrange balance entre ce qui constitue la loi, ce que l'on considère comme équitable, et ce que la raison nous dicte.

Ma grand-mère (qui avaient oublié d'être con, sans quoi elle ne serait pas morte en bonne santé) me disait souvent qu'il fallait chercher la légitimité dans nos actes. Ou alors, c'était mon voisin. Ou cet individu qui est venu frapper à ma porte, complètement nu, à 2h du matin, lorsque j'avais 4 ans. Encore que je ne sois pas sûr maintenant qu'il ne s'agissait pas de mon voisin...



Bref, tout cela pour dire que la légimité a conduit ma vie, et l'ensemble de mes décisions depuis une éternité. Mais il vient ce moment où l'on commence à douter. Ce que l'on estime comme étant légitime, comme, en quelque sorte, allant de soi, n'est-il pas, plus que toute autre chose, tributaire de l'arbitraire ? Lorsque vous commencez à vous excuser de quelque chose, parce que vous le considérez comme normal, mais en présumant que cela ne sera pas le cas de votre auditoire, n'est-ce pas là ce que l'on pourrait qualifier de préambules aux problèmes ? Et encore, Nous devrions remarquer que j'ai été relativement bien élevé de ce point de vue là, puisque mes parents m'ont toujours appris à m'excuser avant de foutre mon poing au travers la gueule du premier des abrutis qui aurait l'audace de contester tout à la fois mon droit, mon équité, et ma raison.

Et puis, à force de chercher la légitimité en tous points, n'oublie-t-on pas de vivre pour soi ? Certes, on prend le temps de clarifier les choses. Dans un premier temps au moins. Mais ce sentiment ne s'établit-il lui même pas sur une base des plus malléables : les certitudes que l'on se forgent, et qui sont sujettes à de nombreux changements au cours de notre vie -tout du moins, l'espérerons-nous.

J'ai l'impression, aujourd'hui, que ce qui me semblait immuable n'était en fait qu'édicté par mon orgueil. Mes revendications n'étaient pas légitimes. Mais elles trouvaient dans mon orgueil une légitimité qui m'aveuglait assurément. Je comprends maintenant, même si je ne le conçois pas, qu'il n'était pas légitime de voler les déambulateurs de petits vieux dans des hospices pour aveugles, ou de crier à l'heure de la sieste dans des centres pour insuffisants cardiaques. Pareillement, maltraiter le fils autiste de ma prof de piano lorsque j'en avais l'occasion, ou tabasser les pauvres en compagnie de mes amis anglais ne constituaient que des occupations puériles basées sur un manque d'appréciation globale et que rien ne pouvait les justifier.


Il est étrange de se dire que son système de pensées et de valeurs doit être remis en cause dans son ensemble. Qu'il vient un temps où il va me falloir m'excuser de toutes ces erreurs d'appréciation, de ces gênes occasionnées, de ces maladresses qui n'en étaient finalement pas, et qui ont pu engluer mon esprit.

Peut-être ne comprenez-vous pas, mes chers petits amis, le fond de ma pensée où le pourquoi de ce billet. C'est pour cela qu'il est nébuleux (d'ailleurs, et si vous suivez bien). Cela dit, je vous en prie, si vous pouviez apporter une lumière nouvelle à mon cerveau encrassé, elle serait appréciée à sa juste valeur.

mardi 8 septembre 2009

Propos elliptiques


Il est assez amusant de constater la complexité du cerveau humain. Ou l'absence totale de logique chez nos concitoyens. Mais jugez plutôt, à travers l'amusante, et tout à fait passionnante anecdote qu'il m'a été donné de vivre ce matin.
[Mode narratif]Il était encore tôt dans la matinée lorsqu'après une visite improvisée je décidais de m'accorder un peu de détente et franchissais le seuil d'une boutique de manga. Habitué, et seul dans le magasin, je parlais des dernières nouveautés avec le vendeur en caisse. Quelques secondes plus tard, l'un de ses collègues remontait de la cave qui servait manifestement de remise, avisait un lourd colis posé sur le comptoir, pestait, puis lui posait cette question, particulièrement bien sentie : "putain, c'est quoi ça encore ?" Et le premier vendeur de lui répondre : "bha, c'est arrivé ce matin". Et, visiblement satisfait, notre second compère retournait dans les profondeurs abyssales du sous-sol obscur, chargé comme un baudet, non sans jurer encore une ou deux fois.[/Mode narratif]
Je dois vous avouer que je n'ai pas tout à fait saisi en quoi la réponse avait été particulièrement satisfaisante. Peut-être attendaient-ils quelque chose de particulier ce matin, mais je n'ai décelé aucune lueur de compréhension, aucune étincelle de lucidité ou d'intelligence lorsque la réponse a fusé.
J'ai trouvé tout simplement formidable qu'une réponse aussi elliptique ait pu contenter tout le monde. Une simple vraisemblance de cohérence, le sentiment que la réponse a été choisie judicieusement, et le monde est heureux. N'est-ce pas tout simplement merveilleux ? Et n'est-ce pas, finalement, l'une des méthodes les plus employées par nos politiques ? On pourrait certainement exploiter le filon jusqu'à la moelle, y trouver les réponses aux troubles de l'ordre mondial ! imaginez ! On pourrait aller du simple "Pourquoi avez-vous tué cet homme ?"/"Bha, il faisait beau ce matin." au "Et que pensez-vous de la crise économique qui frappe actuellement le monde ?"/"La France a de tout temps été le pays du vin et du fromage."

Encore qu'en politique, je crois que cette technique porte un autre non... La technique de l'autruche, non ?

mardi 1 septembre 2009

La pince à chaussettes est à l'homme ce que le porte-jarretelle est à la femme

Et je ne remercierai jamais assez l'amie qui m'a offert ce soir cet accessoire aussi indispensable à la virilité de l'homme que peut l'être le porte-jarretelle à la beauté féminie.
Pourtant, Dieu sait (et je fais beaucoup référence à lui, moi qui suis devenu le dernier des agnostique dès que je me suis aperçu qu'il refusait de répondre à mes ferventes prières de devenir une rock star) que le porte-jarretelle a eu une influence toute particulière sur ma vie, notamment cette année.
Certaines personnes, et pour ne pas en citer, Leslie-Parisienne (occasion de me faire un coup de pub monumental), pourront en témoigner : j'ai développé des liens indissolubles avec le milieu burlesque parisien à ses prémisses. Et mon image de la femme n'a pu qu'être fortement influencée par certaines soirées particulièrement riches en rencontres affriolantes. Mais vous imaginez que votre serviteur, fort d'un soucis d'objectivité et d'impartialité particulièrement arbitraire, n'a pu que se soustraire à toute tentation (...), et s'est donc astreint à une chasteté qui ferait pâlir le premier bonze venu ; c'est en tant qu'observateur tiers, et non adorateur concupiscent de la nudité féminine dans ses atours les plus séduisants que j'affirme haut et fort : la femme est certainement la chose la plus admirable qui puisse nous être donné d'admirer sur Terre.
Mais rassurez-vous messieurs nous possédons enfin la possibilité de nous défendre aussi bien que la gent féminine en terme de séduction ! La pince à chaussette nous permet de rivaliser d'astuces ! Et laissez moi vous donner immédiatement d'excellentes raisons de la porter dès que l'occasion s'en fait sentir :

1) Vous serez original
Je ne vous cache pas que l'accessoire en lui même est relativement dur à trouver. Ainsi donc, je crois pouvoir affirmer sans faute que vous vous ferez remarquez dès qu'il s'agira de relever le pantalon.

2) Vous serez désirable
À n'en point douter, vous rivaliserez avec les plus beaux T-shirts fluos estampillés du logo J.U.S.T.I.C.E. Vous serez les "kings de la party", si vous osez néanmoins remonter votre pantalon au dessus des mollets (hem, hem...). Et si vous parvenez à montrer subtilement à une demoiselle qui vous aurait tapé dans l'oeil les incroyables attributs esthétiques qui ornent vos jambes glabres, vous ne pourrez dès lors que la compter parmi vos conquêtes de la soirée.

3) Vous apprécierez son contact doux et chaleureux
Aussi étonnement que cela puisse paraître, porter de telles choses est très agréable. Plus de soucis de chaussettes tombantes (ce qui est son principal intérêt), et un mollet agréablement enserré, ce sont les avantages indéniables de cet accessoire qui deviendra très rapidement un incontournable de votre garde-robe.

Voilà ce qui, je l'espère, saura vous convaincre comme je me suis laissé convaincre. Si j'en ai la force, je vous ferais un petit inventaire du dress-code masculin rétro. Nous verrons bien !

dimanche 30 août 2009

Original, moi ? Même pas en rêve !

Aoutch... il est de ces soirs où l'on a du mal à accuser le coup. De ces soirs où l'on se sent la dernière des sous-merdes. Et ce n'est pas faute de compliments distillés par un certains nombre d'invités dans une soirée où vous n'étiez, malgré tout, que la "valeur ajoutée". Mais ce n'est sans doute pas de ce genre de soirée dont vous souhaitiez faire partie, n'est-ce pas ?

Il est difficile d'être réaliste. Surtout lorsque vous pensiez être techniquement insurmontable ; un concentré pur de champion, dont on fait les étalons les plus compétitifs. Pour faire clair, vous ne doutiez absolument pas de vos capacités. Et pourtant, vous voilà, du jour au lendemain (ou plus exactement, de l'après-midi à la soirée), relégué au rang de second couteau, tout juste bon à attiser des feux déjà allumés, à vous glisser dans une peau déjà revêtu. Vous ne vous y attendiez pas. Soyons honnêtes, si vous étiez votre serviteur, vous n'auriez tout simplement pas hésité à vous fracasser quelques phalanges sur un mur qui aurait eu l'outrecuidance de se dresser sur votre chemin. Et pourtant, vous n'en avez rien fait. Votre calme et votre maîtrise de soi vous étonne d'ailleurs. Ou alors vous avez d'autres choses auxquelles penser. Cela vous apparaît, finalement, comme un incident de parcours mineur, de ceux que l'on surmonte sans se poser de question.
Et pourtant, vous accusez le coup. Ce qui ne vous semblait, en premier lieu, n'être qu'une mésaventure discutable vous apparaît, au fur-et-à-mesure de la soirée, comme un coup de poignard dans le dos ; Un incident de plus sur un chemin que vous savez pourtant jalonné de problèmes. Et l'ensemble devient tout simplement insurmontable.
Mais n'ayons pas peur de la langue de bois. Elle sera mon ennemie mortelle ce soir, et je la combattrais tant que couleront dans mes veines les vapeurs éthyliques de parfums suaves et dépravés, de relents de tentations évincés par un honneur qui a gagné en humilité, ce qu'il a perdu en superbe. Pour faire simple, vous eussiez pu me sodomiser à sec avec des graviers que je n'en sentirais pas la moindre différence, et l'inconstance humaine m'apparaît comme la dernière des trahisons envisageables.
Quelqu'un m'aura dit, ce soir, que je n'étais que l'archétype du névrotique. Et sa définition semblait me correspondre avant que je ne sente le poids de l'incompréhension et du dénigrement de soi.
Savez-vous que le plus beau, dans tout cela, provient de la proportion purement paranoïaque, et très certainement égocentrique, à envisager le mal dans la plus simple aspérité de la vie. Ou alors, à une furieuse et impétueuse empathie fébrile, qui se dispute à l'intelligence psychologique de votre serviteur la compréhension globale d'un ensemble insensible et cynique à souhaits.
Que le doute envahisse l'être, sans le ménager, cela semble normal. Mais que la résonance à cette question ne trouve des échos que dans un futur arbitraire n'a rien pour enchanter.

Bref, toute cela pour vous dire que la soirée est à la torture et non à la sérénité, dans une atmosphère générale qui n'appelait en rien de telles appréhensions.

Puissiez-vous pardonner les pérégrinations malsaines d'un esprit tordu en cette heure avancée.

Bien cordialement, je vous salue.

samedi 29 août 2009

Back among the living


Je lis déjà la béatitude surprise dans vos visages réjouis, burinés par un soleil assassin, ivres d'iode, confis au pastis et autres substances éthylées qui confèrent à la vie plus de lendemains difficiles que de moments présents ; après de longues et mornes journées à sangloter devant votre ordinateur, accablés d'une solitude que seule la petitesse sordide de vos existences pouvaient arracher à une insurmontable attente, vous souriez enfin. Pour résumer, vous n'y croyiez plus. Et pourtant, votre fidèle serviteur, qui n'a rien perdu de son empathie et de sa philanthropie, a bien fini par se lasser de ses vacances dans le golfe du Mexique en compagnie de demoiselles toutes plus appétissantes les unes que les autres.

Mais s'il est de retour, c'est pour aborder un sujet grave, qui l'horripilait au bord de mer, et qui manque de le transformer en sociopathe serial killer depuis qu'il est de retour dans les rues d'une ville à peu près civilisée : le bronzage.
Car, oui, il faut en parler, de ce vil ennemie des libertés élémentaires ! D'aucun parlera des méfaits de certaines substances illicites sur le comportement humain, l'altération des centres de perceptions par action agoniste ou antagoniste sur les systèmes nerveux et neuronal. Mais qui parlera du trop plein de sécrétion de dopamine qui va nous donner un sentiment de béatitude alors même que nous sommes en train de nous cramer la couenne au soleil ? N'est-ce pas, là aussi, une modification que certains qualifieront de dangereuse ? Ne devrions nous pas interdire le soleil, qui fait de nous ses esclaves serviles qu'il tue sans ménagement ? Enfin, remarquez, lorsque je dis nous, je pense plutôt à vous, car, le soleil, je le fuis. Autant que je peux du moins.
Le bronzage est magique. Il agit comme une sorte d'alibi sur la conscience humaine, une justification inattaquable. Quelqu'un pourra légitimement dire qu'il a passé de bonnes vacances sous prétexte qu'il en revient avec un mélanome malin. Imaginez donc s'il a, en plus, l'insigne honneur d'en porter sur la peau les stigmates ! Et si la plage offre plus souvent le spectacle de cétacés échoués lamentablement sur la tranche, que d'intellectuels s'adonnant au plaisir de la lecture sur un coin de sable (et sous un coin d'ombre), on ne s'étonnera dès lors pas de ne pas m'y voir dans la journée.
Le bronzage est l'un des principaux attribut du Mal, à n'en point douter. Car non content de se le trimballer, il faut également le travailler ! Certains s'y attelant dès le mois de février, à grand renfort de séances UV qui pourraient à elles seules financer le plan de relance de l'Afrique équatoriale. Et notez le paradoxe lorsque l'on remarque que beaucoup vont à la mer pour bronzer, et non pour pratiquer quelque sport nautique et/ou activité natatoire. C'est un peu comme chercher à aller dans l'espace pour grandir, sans profiter de la vue.
Je vois déjà ceux qui, fiers, certainement, de leur magnifique cramage au 3ème degré sur les deux faces, et sans circulation rotative de l'air par au-dessus et en-dessous comme le proposent pourtant la quasi-totalité des fours à l'heure actuelle, ces grands brûlés, donc, qui poseront sur moi leur regard accusateur, et qui, de leur voix inquisitrice, me lanceront le superbe argument de la vitamine D et de la mélatonine. Comment leur donner tort ? Après tout, nous ne sécrétons naturellement ni l'une ni l'autre. Cependant, de nombreuses études prouvent qu'il suffira de rester exposer partiellement pendant une période de 10 minutes quotidiennes, pour que l'ensemble de l'organisme puisse profiter de cet apport hormonal. Nous sommes bien loin des 2h matin/2h après midi d'une grande majorité de vacanciers apathiques, qui pousseront parfois le vice jusqu'à se poser sur des terrasses ensoleillées pour profiter des derniers rayons d'un soleil couchant.

Mais vous l'aurez compris, si je dénigre les bienfaits non négligeable du soleil et l'attitude "petit-bourgeois" des mes contemporains mesquins, c'est pour une raison purement égoïste et égotiste. Car quel sujet est plus susceptible de m'intéresser que moi-même ? Et lorsque je reviens de vacances durant lesquelles j'ai pu profiter du grand large et de l'air fraîchement iodé, d'une foule entassée en masse sur ce littoral que j'aime tant, voilà que je m'aperçois non sans un certain dégoût, que j'ai tendance à blondir, et que le soleil ne fait qu'accélérer le processus. C'est donc cette foutue mèche blonde, qui fort heureusement, disparaîtra dès que j'aurai revêtu mon pelage d'hiver, qui me fait détester le soleil. Voilà tout.

dimanche 19 juillet 2009

Trafic fluide


J'étais sur la route cet après midi. De retour d'un séjour particulièrement éprouvant en Poitou-Charentes. J'étais dans cet état de somnolence du passager qui se laisse conduire, bercé par le doux roulis de la voiture sur le bitume, et le blabla incessant que distillait une radio lointaine. Je regardais la campagne, sans vraiment la voir.
Tout à coup, un panneau de signalisation affiche ce message : "Hommes en jaune, respectez leur vie".
Cela m'a paru absurde, mais des images très précises se sont formés dans mon petit esprit englué par le quotidien lénifiant de la région poitevine. J'ai ri.

vendredi 3 juillet 2009

Breizh Connection

Bon ! Je pars. En Bretagne, parfaitement. Et je n'aurai pas internet en ces contrées reculées que l'homme ose à peine fouler. Mais cela dit, j'aurai l'électricité ! Ce n'est déjà pas si mal ! Et si Bélénos se montre clément, je pourrais même écrire la suite de certaines histoires en cours. J'espère dans tous les cas avoir beaucoup de choses à vous raconter d'ici une semaine (et oui, seulement).

Soyez fort en attendant, car je sais que je vais vous manquer. Mais vous me manquerez aussi, soyez en persuadés.

mercredi 8 avril 2009

Considérations nébuleuses nº1

J'avais envie de lancer une nouvelle rubrique. Sans trop de raison. Cela fait du bien parfois. Il paraît même que c'est profitable pour un certain épanouissement de soi.
Par contre, je ne sais pas vraiment quoi vous dire d'intéressant. Du coup, je pense que mon trip introspectif ne va pas durer très longtemps, et que je vais me remettre à l'écriture du Cycle de Terra, parce que, merde, ça va pas avancer tout seul cette histoire !

Mais le voilà mon sujet (et je vous assure qu'il m'apparaît à mesure que j'écris ces lignes...) ! Je trouve cela un poil déprimant. Lorsque les gens vous demandent quelles ont pu être toutes ces choses vraiment très intéressantes qui vous sont arrivées le week-end dernier, généralement, on est emballé de répondre que l'on est allé aux puces de Saint-Cloud, qu'on a dégoté un incroyable moulin à café comme dans le temps qui fait du café dégueulasse, mais qu'on va garder pour décorer la cuisine, au moins trois semaines avant de s'apercevoir que ça prend la poussière, que c'est mal pratique, et qu'un colonie de blattes s'est installé chez vous pile poil dans le même temps. De mon côté, et cela me chagrine, je dois paraître extrêmement plat et inintéressant. Je ne trouve jamais la moindre anecdote croustillante à raconter, je ne rends pas les récits passionnant, je me contente de constater que je n'ai rien fait qui mérite d'être narré. Alors pour faire bonne figure, je parle.
En fait, et cela peut sembler paradoxal lorsqu'on me connaît ou lorsqu'on lit ces quelques lignes, je n'aime pas m'entendre parler. J'aime divaguer, laisser mon esprit faire quelques pirouettes lyriques de temps à autre, et je considère plus cet endroit comme une page d'expression déconnectée de la réalité que comme le lieu d'un pur et simple monologue.
Bref ! Je m'aperçois donc, avec tristesse, que je ne sais pas me raconter, me vendre. Je préfère passer par le biais de moyens d'expressions parallèle pour que les gens se fassent une idée de moi, sinon, j'ai l'impression de fanfaronner. Et là encore, il me semble que tout a été dit, que tout a été fait. J'ai conscience que beaucoup s'imaginent que je suis quelqu'un d'intéressant grâce au semblant de vernis que j'entretiens ; et Dieu soit loué, ils y en a encore suffisamment qui sont persuadés que c'est le cas ! Les pauvres, je n'ose pas leur dire...
Ha !! Vous voyez bien ! Là encore, je fais preuve de considérations, Ô combien originales !

Mais quelle question cruelle que la sempiternelle "mais que deviens-tu/qu'à tu fais depuis un certain laps de temps" (généralement, depuis que deux personnes se sont quittées, puis retrouvées) ! Cela vous oblige à prendre conscience du temps qui passe, de la médiocrité de votre vie, de l'importance relative de ce que l'on a pu accomplir, tout en ménageant à l'autre la possibilité de s'exprimer sur la question après coup ! D'ailleurs, tel que vous me voyez, je dois passer pour le dernier des malpolis. Comme je déteste considérer qu'il ne m'arrive rien de passionnant, je rechigne à m'enquérir chez autrui d'une chose qui : 
1) ne m'intéresse finalement pas plus que cela, chez une grande majorité de personnes 
2) est susceptible de plonger mon interlocuteur dans le même abîme de profonde perplexité que moi.

À vous dire la vérité, le monde irait bien mieux si les gens cessaient de s'écouter, et de vouloir tout savoir.

Bon. Les choses ayant été dites, ça va mieux.

Peut-être la suite du Cycle de Terra dans la soirée !

Vous étiez au moins...