jeudi 4 juin 2009

Les partiels de l'angoisse


Autant le dire tout de suite, je ne suis pas le genre de personne à stresser pour un partiel. Même lorsque je ne sais rien (sachant que tout est relatif, jamais je n'irai à un examen sans connaître un minimum le sujet), je suis d'un calme olympien. C'est parfois quelque peu stressant... Pour mon entourage. Je pense en particulier à mes chers géniteurs –notamment le monsieur, derrière avec la caméra et qui fait coucou. Et puis ils n'ont pas tout à fait tord. Je pense ne pas être fait pour les partiels. Je suis d'une distraction sans nom, et il m'arrive d'oublier sur le coup tellement de choses, que s'en est forcément pénalisant. Par contre, je suis tout à fait dans mon élément lorsqu'on parle d'oraux. Car, autant j'aime écrire parce que cela m'apaise, autant parler me met dans un état de frénésie compulsive et passionnée.
Mais toujours est-il que les partiels de cette année me procurent un sentiment d'angoisse profond. Les grèves ont été telles que certains profs (une grande majorité, malheureusement)n'ont pas assuré le moindre cours durant ce semestre, et nous proposent malgré tout un partiel "allégé". Ce qui a tendance à me faire doucement rigoler. Un partiel, aussi allégé soit-il, ne rime à rien si l'on ne nous a pas au préalable dispensé un enseignement minimal. Sur quelles bases repartirons-nous l'année prochaine, lorsque le programme de cette année sera considéré comme acquis ? Tout en sachant que la solution de l'autruche, à savoir donner son année à tout un chacun, ne rime à rien non plus...
Je ne jugerait pas le mouvement social. Certains profs qui n'avaient jamais fait la moindre grève de tout leur vie se sont mobilisés pour manifester contre la LRU. Très bien ! Mais qu'au final, cela ait pour résultat de pénaliser TOUS les étudiants en université, je suis disposé à trouver cela insupportable. Et assister aux Assemblées Générales où aucun débat constructif ne semble s'établir au fil des semaines à quelque chose de profondément navrant. Ce n'est rien d'autre que le sacrifice de la raison sur l'autel de la bêtise humaine. Et la politisation de toutes les franges de la population étudiante dans ce genre de débat m'a toujours donné envie de vomir. Chacun y va de sa petite anecdote, alors que, très franchement, personne ne sait exactement de quoi il est question. Lorsqu'on entend (véridique), des phrases telles que "Ouais, la LRU, ça nous prouve que la société capitaliste est en bout de course, et que les [enfoirés de] patrons sont partout, à tenter de s'assurer des parachutes dorés, alors il faut se dresser contre, camarades", on a qu'une seule envie, s'est de rentrer dans tous les cons avec un hache pour qu'ils arrêtent de débiter des énormités pareils. Pour commencer, je ne suis le camarade de personne, et je ne comprends pas en quoi ce que tu viens de dire à un quelconque rapport avec l'Université, CONNARD !
Il y a aussi la réaction de certains enseignants chercheurs, qui refusent catégoriquement de fournir une quelconque bibliographie susceptible de sauver notre semestre. Parce qu'ils sont en grève... Autant dire tout de suite qu'ils ont peur de s'apercevoir qu'ils sont dispensables à une grande majorité d'étudiants. Ce que je peux penser n'a guère d'importance. Certaines personnes auront toujours besoin du soutien d'un professeur pour les tirer vers l'avant. Mais dans ce cas là, leur tourner le dos et les laisser à leur ignorance me semble la dernière des bassesses.
Ce qui m'angoisse le plus, ce n'est pas ce qui peut concerner un éventuel passage. Je pense que cela ne posera pas une grande difficulté. Et au pire, Septembre sera là pour les plus courageux. Non, ce qui m'importe véritablement, c'est de penser que certains crétins vont –et malheureusement, il faut le reconnaître, parfois à juste titre– bloquer les examens, qui vont se dérouler dans des conditions exécrables. Penser que tout cela n'est peut-être que le début d'un été qui s'annonce rébarbatif au possible me met en rogne.

Voilà. Excusez ce petit débat sur un blog qui voulait les éviter, mais, mes chers petits amis, vous comprendrez que certaines choses puissent revêtir pour l'auteur une importance particulière à un moment donné.

Souhaitez-moi tout de même bonne chance, car il y a peu de chance que je repasse avant que la foire aux examens de cette année ait commencé.

mercredi 3 juin 2009

Et toi, tu l'aimes ma voix ?


C'est assez étonnant comme je ne supporte pas ma voix dès lors que je l'entends. Je pense que je suis loin d'être le seul dans cette situation. La perception de sa voix par une source extérieure (et donc objective, et c'est là que le bat blesse) nous paraît toujours étonnement aiguë, mais certaines tonalités plus graves, plus grasses, nous choquent. C'est ce que l'ont appelle l'effet loudness. Ajoutez à cela les problèmes inhérent aux procédés d'enregistrement qui ne restituent pas non plus exactement la réalité, et vous ressentirez une grande frustration lors d'une première écoute.
Mais en analyse interne, et bien, disons que j'ai la sensation que ma voix est plutôt chaleureuse, emprunte d'une sorte d'élégance et de distinction qui ne sont pas pour me déplaire. Je pars un peu trop dans les aigus, peut-être, mais mettons cela sur le compte de la frénésie qui bien souvent m'habite lorsque je suis face à un interlocuteur attentif. Parce que j'ai un timbre de voix plutôt grave, figurez-vous.
Après, lorsque je m'entends, j'ai tout simplement l'impression d'avoir une voix d'une affligeante banalité. Vulgaire, jeune, insupportable !
Et pourtant... Pourtant... Et bien voilà, pourtant, et même si certains comédiens me diront que ce n'est jamais une fin en soi (même si, à l'égard de certaines productions actuelles, je dirai que, plus qu'une fin en soi, c'est un enterrement de première !), j'adorerai prêter ma voix à une quelconque production. Vous savez, le genre de déclic que vous avez à 7 ans, lorsque vous regardez le Roi Lion pour la première fois et que vous vous dîtes : "oui, enfin, en même temps, Simba, ça aurait pu/du être moi".
Là encore, j'ai conscience de ne pas être original pour deux sous -même si en réalité, public, je te montre toutes mes facettes que tu pourrais qualifier de banales pour me rapprocher de toi et mieux t'embobiner-, mais bon... Sait-on jamais ! Combien d'enfants Paolo Domingo a-t-il fait vibrer par son interprétation de Ce Rêve Bleu dans Aladin, ou Emmanuel Curtil dans Le Roi Lion ? Et qui n'a pas le souvenir de ce bon vieux Luc Hamet, l'éternel voix de Michael J. Fox, et présentateur de Hanna Barbera de notre enfance (et bon nombre de jeux vidéo également) ?
Donc voilà, le doublage, ça m'attire. Ne serait-ce que dans une démarche d'acception ET d'acceptation de ma propre voix.
C'est dit.

vendredi 29 mai 2009

Même pas mort !


Et non ! Je ne suis pas encore mort ! 
En fait, je dois avouer avoir un peu décroché après mon petit voyage au Maroc (dont je n'ai finalement pas parlé... mais ce n'est que partie remise), lorsque j'ai réalisé la vacuité de mon existence, et l'absurdité de moyens de communication comme internet, la téléphonie mobile, et les pigeons voyageurs (en fait, surtout les pigeons voyageurs). Et puis ça ne tombait pas si mal, puisqu'il fallait que je révise mes partiels. En fait -et merci aux grève pour ça...-, il faut toujours que je révise mes partiels, mais c'est une autre histoire.
Or donc, me revoilà ! Et j'ai pleins de choses à vous raconter. ce qui tombe bien, non ?

lundi 27 avril 2009

Écrire, c'est comme chier...


Si le titre amènera les personnes à s'interroger, à s'offusquer, ou à sourire, il n'est malheureusement pas de moi. Oui, malheureusement, parce que, qu'on soit d'accord ou non, c'est toujours une sorte de petite satisfaction personnelle que de faire sensation avec une phrase choc.

Bref, Avant de continuer le Cycle de Terra, j'ai décidé de faire un peu de pub.
Il y a des blogs qu'on apprécie pour leur fraîcheur, pour leur design, leur originalité... Et puis il y a les blogs de gens qui ont des choses à raconter, pas forcément à dire. Des blogs entiers dédiés à l'écriture, sous sa forme la plus insolente. Le blog de RiyeT fait partie de ceux là.
Pourquoi aller sur ce blog plus que sur un autre ? Pour commencer, parce que l'ami RiyeT écrit bien. Son style est fluide, impertinent, imagé. Il lit, et ça se sent. Ses textes dégoulinent de références. On passe du sexe glauque et cru en milieu bourgeois, à des poulpes et des pizzas ; de tranches de vies réalistes à un drôle de bonhomme violet nu sur un cheval...

Si vous aimez lire, si vous aimez rire, si vous voulez vous évader, quelques instants, au boulot, et puis y revenir, éventuellement, de temps à autres, allez donc sur y faire un tour.

dimanche 26 avril 2009

Des Idiots et des Anges


Tout le monde en ce moment ne parle que du dernier film d'Hayao Miyazaki, Ponyo de la Falaise, comme vous pourrez vous en persuader en allant ici ou là. À juste titre, tant il est vrai que ce film est onirique, sublime, et parle à cette part d'enfant qui est en nous. Mais personne, ou presque, ne parle du dernier Bill Plympton ?

Je ne sais pas si vous connaissez Bill Plympton. Il est un peu au dessin ce que Tom Waits est à la musique, Jim Jarmusch est au cinéma, ou John Fante à la littérature américaine. Une sorte de rêveur désabusé et mélancolique porté par un imaginaire tour à tour violent, décalé, paranoïaque, nostaglique, survolté et psychédélique. À côté, Terry Gilliam fait figure d'enfant sage. C'est dire.
Bill Plympton est connu (ou plutôt, n'est pas tout à fait inconnu) en France pour ses oeuvres : Les mutants de l'espace (sorti en 2002) et Hair High (sorti en 2005).


Résumer ses films fait parti de l'ordre du faisable, mais s'avère parfaitement superflu. Je vous engage à les regarder le plus rapidement possible pour comprendre tout le génie du maître ; ou, comment à partir d'un pitch banal, il arrive à tresser des personnages complètement fous et une histoire invraisemblable.
Pour commencer Bill possède un graphisme, un trait. Je dirais même qu'il est assez caractéristique. À mi-chemin entre l'expressionnisme allemand et des dessinateurs comme Moebius, Caza, avec une touche d'Enki bilal.
Ensuite, Bill, il fait tout à la main, en petit comité. Ses oeuvres, il les travaille de A à Z, sans jamais déléguer. On le ressent dans l'animation saccadée, les enchaînements de plans souvent barrés, l'organisation dynamique, sculpturale et chromatique de chaque séquence...
Enfin, les histoires, bien que consistantes, ne sont souvent que le prétexte à une envolée lyrique, à un enchaînement d'idées surréalistes, et une critique sévère de la société.

Lorsque j'ai su que son dernier film, Des Idiots et des Anges, pourtant sorti le 19 janvier de cette année, était encore visible ce dimanche à l'espace Saint-Michel à 22h, ça n'a pas fait un pli. Je me suis rué dans la salle de ciné. 



Au départ, c'est l'histoire d'un homme violent, alcoolique et peu fréquentable, qui va se voir pousser des ailes dans le dos, du jour au lendemain, et devenir un ange. Le film est dépourvu de dialogue, et seule la musique superbement choisie souligne les moments de gravité, d'humour, de grâce, ou de terreur qui touchent les quelques protagonistes de cette fable insensée. On alterne entre Tom Waits, Moby ou encore Maureen McElheron. On oscille entre blues éthylique, électro "acoustique" et balade douce. L'ensemble est politiquement incorrect, mais porté par un message, finalement, très moral. On rit, jaune, ou de bon coeur, c'est beau, laid, cynique, plein d'espoir... Les personnages évoluent, loin du pur manichéisme de bon nombre de productions actuelles.
Certaines scènes sont juste sublimes (la danse dans les nuages, ou le passage du cimetière), d'autres troublantes (l'apparition de ce double aviaire démesuré) ou encore touchantes (les oisillons qui volent hors du nid), mais on sent perpétuellement cette tension maladive et oppressante. Le beau n'est jamais loin du laid. Avec un vocabulaire artistique et métaphorique simple, ainsi que quelques personnages, Bill Plympton crée un autre monde, dans lequel on se lance comme quitterait le nid. D'abord avec circonspection, puis on prend confiance. Enfin, on se sent grisé. 
On sort, après une heure et quart et on ne dit pas un mot. On marche dans la rue, il fait doux. On se sent bien. Et l'on réalise que Bill a encore une fois rempli sa part du contrat. Maintenant, il reste à attendre 3 à 4 ans que le nouveau sorte. Mais en attendant, on peut toujours revoir ses classiques !

Suite et départ


Bon ! Comme vous pouvez le voir, la suite du premier chapitre est venue beaucoup plus rapidement. Le rythme commence à rentrer. La seule chose que je reproche au blog serait son format qui n'est vraiment pas propice à la lecture continue. Mais peut-être est-ce simplement le fait de lire sur un écran d'ordinateur... Le moins qu'on puisse dire, c'est que j'en ai écrit des tartines là.

Donc, encore une fois, signalez-moi les éventuelles (hem hem... ) fautes, et surtout, critiquez !! En bien, en mal, en Allemand, avec des couleurs... N'hésitez pas !

Sur ce, je vous laisse à votre lecture, j'espère que ce ne sera pas trop indigeste...

Ho, et je pars au Maroc la semaine prochaine, donc je ne sais pas si j'aurai le temps de vous poster la suite avant de m'envoler. Nous verrons !

À très vite tout de même mes chers petits amis ! Je vous ferai sans doute un petit résumé à mon retour !

Le cycle de Terra : L'Enfant du Rêve (3)

Chapitre Un : Convergence

Deuxième partie : Noblesse oblige

Paul souffrait difficilement la compagnie de ses pairs. Lorsqu’il se rendait au Siège des Grandes Familles de Rodia, aussi magnifique que fut le palais, ce n’était que contraint et forcé. Être le fils unique de Joseph Archibald Roderick comportait certaines obligations dont il se serait bien passé. Heureusement, et ce malgré la position de première importance qu’il occupait, personne ne lui parlait vraiment. Mais, et c’était une question que Paul se posait sérieusement, parlait-on vraiment au Siège des Grandes Famille de Rodia ? Pour lui, on devisait hypocritement, on se livrait à un jeu de menaces à peine voilées et de répliques assassines, sans jamais déroger aux règles édictées par la ‘Toute Puissante Étiquette’. On feignait un sourire, on cherchait les alliances les plus lucratives. On promettait, souvent –ce qui n’engageait à rien, comme se plaisaient à le rappeler les avocats à grand renfort de documents en six exemplaires contresignés par les parties en présence. Les moins riches courtisaient les plus puissants, en espérant récupérer quelques miettes de leur empire. On cherchait les mariages d’intérêt, et l’on voyait fréquemment de jeunes éphèbes aux dents longues courtiser quelques comtesses décaties dont les doigts parcheminés exhibaient crânement les seuls atours d’une fortune aujourd’hui envolée. Dans ce palais des apparences, seuls les signes extérieurs de richesse vous préservaient de l’ostracisme. Finalement, la noblesse rodéenne jouait à la noblesse rodéenne ; dans un spectacle dépourvu de toute originalité. Et ce n’était pas tant cela qui rebutait Paul. C’en était –il réfléchit quelques secondes– divertissant. Oui, divertissant, c’était le mot. Il s’en fallu de peu que cela fût nécessaire. Le commun du peuple ne possédait pas l’Étiquette. C’en portait-il plus mal ? Cela ne faisait aucun doute. Pour quiconque. On avait sorti un livre là-dessus. C’était pour cela qu’une fois encore, les médias présents pour couvrir ce simulacre d’événement se partageraient les soixante-deux pourcents de la population qui continueront à s’agglutiner devant leur écran. On leur distillait du ‘rêve’ devant lequel s’abrutir, oublier, afin de maintenir une tranquillité béate et candide. Il suffisait de lire les derniers best-seller pour se convaincre que la noblesse avait toujours ce ‘quelque chose en plus’ que le peuple et l’aristocratie lui enviaient. Non, ce qui mettait véritablement Paul hors de lui, ce qui était pire que tout à ses yeux, c’était que, malgré les répercussions qu’elle ne manquerait pas d’entraîner sur la mode à venir dans un futur proche, la noblesse s’habillait effroyablement, et de plus en plus, mal ! Cela et le fait qu’aucune réunion ne se soit transformée en un bain de sang ; ce n’était pas faute d’attiser les colères et de monter les familles les unes contre les autres. À la réflexion, c’était peut-être pour cette raison qu’on ne lui adressait la parole que peu ou prou.

Pourtant, Paul était lucide. Ce statu quo concernant la noblesse ne durerait pas. Ces entre-déchirements, ces guerres intestines n’avaient pas leur place dans un monde où se profilait, de plus en plus puissante, la Fédération Commerciale Fénobienne. Ces coquins de marchands l’avaient bien compris lors de la création hâtive de leur consortium économique indépendant. L’Étiquette n’avait plus sa place dans une économie de marché en pleine mutation, et aucun noble ne semblait s’en rendre compte. Ils auraient encore certainement l’impression d’avoir du pouvoir lorsque les grandes entreprises et les trusts internationaux se partageraient leurs fortunes sur leurs dépouilles encore fumantes. La noblesse était mourante, et seul un sursaut collectif pouvait y changer quelque chose. Les ennemis d’aujourd’hui devraient être les alliés de demain. Et les grandes familles ne pouvaient plus s’encombrer de la basse noblesse. Celle-ci pourrait éventuellement lui servir de bras armé… Cette pensée amusait beaucoup Paul. Le retour aux vraies valeurs, pensait-il. Et au costumes trois pièces, noirs, souhaita-t-il à la vue des exactions vestimentaires de certains invités.

Son visage et ses yeux noirs s’obscurcirent à mesure qu’il se plongea dans sa pensée. Il retrouva tout son attention lorsqu’un raclement de gorge se fit entendre distinctement à quelques pas de lui. Il ne faisait aucun doute qu’il s’agissait d’…

–Henry !

Paul se retourna nonchalamment, mais un franc sourire illumina son visage légèrement androgyne. Sa longue chevelure noire s’animait lorsqu’il esquissait un simple mouvement de la tête.

Henry était en quelque sorte son valet personnel, son tuteur, et un compagnon fidèle. Ce dernier ne cachait pas avoir pour son jeune maître une affection toute particulière, et sa personne lui était entièrement dévoué. Il était le majordome de la famille Roderick depuis des temps immémoriaux. Et si un impérieux ennemi avait blanchi totalement ses cheveux, marqué ses traits, sa taille, et caché ses yeux pétillants derrière des lunettes dorées, il n’avait en rien altéré sa prestance. Henry restait un exemple de distinction et de goût. Son frac gris finement rayé se mariait élégamment avec son gilet pourpre broché d’or. Il semblait évident que seule cette chemise à col cassé était susceptible de s’accorder à ce nœud papillon. Ses souliers noirs brillaient sans outrage, et le blanc de ses gants de coton surpiqués était tout simplement inattaquable. « Confiez donc cette bande de primates dégénérés à Henry pour qu’il les éduque et les rende présentables », songeait-il en de telles occasions.

–Henry… Votre seule présence en ce lieu tend à contrebalancer la propagation de l’aberration visuelle ambiante. D’ailleurs, et dans le seul but de sauver quelques milliers, que dis-je, quelques millions de globes oculaires traumatisés, qui souffrent de la couverture médiatique d’une telle démonstration de mauvais goût, pourriez-vous vous placer discrètement dans le champ visuel de cette caméra ; ce, afin d’imprimer subrepticement la rétine de ceux qui seraient tentés de s’inspirer de telles horreurs pour habiller –si l’emploie de ce mot, ne constitue pas un barbarisme à l’heure actuelle– les générations futurs ? S’ils contemplent ce qu’est la véritable élégance, j’ai bon espoir que les couturiers abandonnent très prochainement le concept –doux euphémisme– de laideur. Ensuite, et bien… Je crois que la noblesse devra s’y plier également.

Henry sourit. Simplement. Attestant l’existence de la classe comme facteur de mesure objective et universelle des choses.

–Si cela peut rassurer Monsieur, j’ai remarqué que Monsieur s’efforçait déjà de le faire en se tenant dans la ligne de mire de quelques cinq objectifs différents. De plus, la position sociale de Monsieur lui assure une chance infiniment supérieure d’incliner les différents médias –dont, dois-je le rappeler, près de la moitié appartiennent à la famille de Monsieur– à diffuser son image, et ce, massivement.

–Hum… Vous aviez remarqué.

–Oui Monsieur.

–Bon… Mais vous avouerez que le trois pièces noir à rayures était un bon choix, n’est-ce pas ?

–Tout à fait judicieux Monsieur.

–Parfait.

Paul laissa s’écouler quelques secondes, durant lesquelles il sembla se perdre à nouveau dans sa pensée.

–Or donc Henry, pourquoi êtes vous là si ce n’est pour vous plier à mes quatre volontés ?

–Pour respecter celles de Monsieur votre père, Monsieur.

–… Qui désire s’entretenir avec moi dans les plus brefs délais, j’imagine ?

–L’on ne peut rien cacher à Monsieur.

–Hélas, Henry, hélas… Vous savez que je suis de santé fragile, et j’ai fort peur de perdre la vue, et mon intégrité mentale en restant ici quelques instants de plus. N’auriez-vous pas l’extrême obligeance de dire à mon père que je suis parti plus tôt, et que vous ne m’avez pas trouvé ?

–Je crains que cela me soit impossible, Monsieur. Pour trois raisons : pour commencer, Monsieur possède une santé de fer, et à moins de prétendre qu’une tierce personne ait pu directement injecter à Monsieur un bacille qui aurait provoqué une mort foudroyante j’ai peur que Monsieur votre père ne s’y trompe pas. Ensuite, Monsieur prétend que je serais capable d’user du stratagème astucieux, mais peu scrupuleux, qu’est le mensonge auprès de Monsieur mon employeur, au prix d’une position que rien au monde ne saurait remplacer. Enfin, Monsieur votre père aura placé à chaque issue connue de ce bâtiment quelques gardes surentraînés qui auraient pour mission de vous barrer l’accès dans l’éventualité où vous souhaiteriez sortir, sous peine de le payer de leur vie –ce qui, je dois le dire à Monsieur, semble beaucoup les motiver.

–Diable !

Paul s’avérait réellement contrarié par la situation. Il n’aimait pas que son père le prenne de vitesse.

–Oui, Henry, vos arguments se tiennent. Si vous veniez à prendre congé de nous, je pense que je n’y survivrai pas. Veuillez ouvrir la voie, je vous suis.

Henry regarda son maître par dessus les verres de ses lunettes. Il avait le sourire entendu de celui à qui on ne la fait plus. La dernière fois, le majordome avait à peine eu le temps de se retourner que Paul lui avait fracassé un candélabre sur l’arrière du crâne, ce qui avait eu pour effet de le placer dans une position horizontale, et un état de conscience proche du néant. Pendant plusieurs jours. Il ne lui en tenait pas rigueur. Il savait que le jeune noble n’était pas le genre d’individus à capituler aussi facilement, fussent les vies de plusieurs gardes en jeu.

–Bien, bien ! Je vous précède, et vous fermerez la marche. Vous êtes très fort Henry.

–Ho, moins que Monsieur. J’ai simplement pour moi l’expérience.

Ils se mirent donc en marche. Pour atteindre Joseph, ils devaient fendre la foule. Or la force d’inertie de la noblesse n’était plus à démontrer. Mais Paul était là pour faire voler en éclat les idées reçues, et il fallait bien se confronter en premier lieu à quelque chose de concret ! Aussi s’attaqua-t-il à ce problème de la manière la plus adaptée : physiquement ; à grand renfort de coups d’épaule, de coude, de dents, et de talons.

S’il fallait concéder au Siège des Grandes Familles de Rodia quoi que ce soit, ç’aurait été sa splendeur somptuaire. Situé au sommet de l’édifice, la salle circulaire d’une centaine de mètres de diamètre dans laquelle ils se trouvaient, surplombait la cité de marbre. Elle était surmontée  par une coupole de cristal et d’acier qui s’élevait à une vingtaine de mètre du sol.  La rigidité de la structure était assurée à la base, en de multiples points, par des colonnes de marbre rose que dominaient d’impressionnantes cariatides. Le blanc laiteux de la pierre qui les constituait, conférait à leur posture académique une délicate fraîcheur. Le mur était parsemé de baies dans lesquelles s’étalaient de magnifiques verrières qui offraient une vue imprenable sur la cité de Rodia. On pouvait voir au loin scintiller le fleuve Arso, faire un coude, puis disparaître derrière la skyline de verre. Dans la journée, les rideaux de velours cramoisi piqué d’or qui ornaient les baies étaient attachés par le biais d’embrasses de vermeil. En soirée, le sommet de la coupole réverbérait la voûte étoilée, et l’on tirait certains rideaux qui recouvraient alors une teinte d’un bleu profond ornée d’argent. L’éclairage était assuré par de solides candélabres en bronze blanc, disposé ça et là dans la pièce, et dont les bougies diffusaient des lumières de couleurs et d’intensité variées. Le sol était composé de tesselles de marbre, dont la teinte et la position pouvaient changer, pour offrir un décor sans cesse renouvelé.

L’ensemble était sublime, et ce devait être la dernière chose qui pouvait retenir Paul en ce lieu. Il était cependant persuadé que si elle avait été construite en une période contemporaine, cette salle aurait été maculée de rose bonbon et de bleu ciel. À cette idée, son visage se déforma en une moue appuyée de dégoût.

Ils arrivèrent enfin à hauteur de Joseph Roderick. Ce qui n’avait pourtant rien d’une mince affaire. Loin d’avoir abandonné l’idée de la fuite, Paul avait successivement tenté de feindre l’évanouissement, la crise d’épilepsie, la crise de démence ; il avait emprunter le plateau d’un serveur pour se faire passer comme tel, manqué de faire manger sa coupe de champagne à un noble qui avait eu l’audace de le considérer comme tel ; il avait tenté d’apitoyer, d’amadouer, de soudoyer, de menacer, puis finalement d’assommer Henry, mais toutes ses tentatives s’étaient révélées vaines.

Le patriarche de la famille Roderick sourit. C'était l’homme le plus influant de Rodia. Il possédait un formidable nombre d’entreprises, ainsi qu’une milice privée qui ressemblait plus sincèrement à une armée régulière. Il n’était pas grand, mais se tenait droit, dans une position proche du garde à vous, le port de tête altier, la tenue irréprochablement stricte. Paul aurait dit austère, mais il préférait toujours cela au relâchement général dont semblait souffrir le reste de la population. Son visage carré était caractérisé par de puissantes mâchoires et une barbe aux reflets d’argent impeccablement taillée. Sa coiffure était à l’image du personnage : militaire. Il portait aujourd’hui de grandes bottes en cuir par dessus son pantalon. Sa veste à col mao était entièrement boutonnée, mais Paul se doutait qu’il devait porter une chemise en dessous. L’ensemble était noir. Mais malgré la rigueur de son costume, Joseph aimait rire plus que tout. L’on voyait de temps à autres ses beaux yeux gris/vert, son regard franc et fier, se charger d’une lueur malicieuse.

Lorsque l’on considérait Paul et Joseph côte à côte, l’on s’apercevait immédiatement qu’ils ne se ressemblaient en rien. Le premier était grand, élancé, le second, massif et trapu. Si l’on se tenait suffisamment informé, il était de notoriété publique que Joseph était veuf, et que sa femme ne lui avait jamais donné le moindre enfant. Peu de temps après, Paul avait fait son apparition. Nul n’avait vraiment compris. Joseph était encore jeune et aurait pu se remarier. Les rumeurs les plus folles avaient alors couru sur ce mystérieux héritier. On avait évoqué une maîtresse, un fils caché. Certains y avait vu le signe d’un homme malade à l’avenir incertain, préparant sa mort et sa succession. Puis le temps a passé, et alors que son fils adoptif allait sur ses trente ans, le chef de la maison Roderick avait l’air plus en forme que jamais. Le plus étrange pour beaucoup était que Joseph semblait sincèrement aimer Paul. Et celui-ci ne pouvait que remercier son Roderick de père de ne pas lui avoir imposé de parenté à tendances fratricides comme cela paraissait être la mode au sein de la noblesse. Ces deux là s’étaient bien trouvés.

–Je suppose que tu auras encore tenté de t’éclipser un nombre incalculable de fois.

Sa voix était puissante, mais chaleureuse. Son timbre était grave, posé, et empli de sollicitude.

–Vous me surestimez encore une fois Père. Je pense qu’Henry en a tenu le compte exact tout à fait aisément.

–Monsieur Paul aura essayé de tromper ma vigilance à douze reprises, Monsieur.

–Je pense que je suis avant tout là parce qu’Henry, quelque part, aura réussi à me dissuader de mettre en oeuvre une bonne moitié des idées que je projetais d'éprouver.

–Monsieur est trop bon. Je tiens à souligner que Monsieur me voit ravi de constater qu’il aura complètement abandonné sa dernière suggestion.

–Différé, Henry, corrigea Paul. Je l’ai différé.

–En quoi consistait-elle exactement, interrogea Joseph ?

–Oh, en trois fois rien Père. L’habituel plan de secours d’usage ; je me contente de vous décochez un violent uppercut entre les côtes. Lorsque vous avez le souffle coupé, j’en profite pour vous assommer. Je joue bien évidemment sur l’effet de surprise pour prendre un otage, réduisant à une valeur presque nulle toute éventualité qu’un potentiel héros fasse appel à la sécurité, et traverse la salle en direction d’une verrière. Je dois vous avouer que j’hésite entre la briser dans la foulée, ou me retourner théâtralement, lorsque l’on me croit acculé, pour faire une annonce sur la déliquescence de notre belle jeunesse et la disparition du goût et de la pudeur. Dans tous les cas, je m’éclipse en sautant dans un rire de dément, sous un tonnerre d’applaudissements, ou, plus probablement, les regards médusés de l’assemblée.

Paul ne cillait même pas. Il était on ne peut plus sérieux et se contentait de répondre à la question de son père. Il ne savait pas lui mentir.

–Alors que l’on vient à peine de réparer la porte principale ? Et pour ce qui est des gardes à l’entrée ?

–Père, voyons. Si vous pensiez sincèrement qu’ils pouvaient me retenir, jamais vous n’auriez envoyé Henry me chercher.

Joseph lança l’un de ses rires tonitruants, mais sincère, qui fit que l’assemblée toute entière se tu et tourna vers eux son attention. Ses éclats trouvèrent des échos dans la voûte cristalline pour y tinter joyeusement. Les conversations reprirent.

–Et l’on me demande encore pourquoi je t’ai choisi comme fils !

–Moi le premier Père. Sans vouloir me plaindre ou vous critiquer, c’est loin d’avoir été votre décision la plus judicieuse. Je ne sais combien d’inimitiés mal placée vous avez pu vous assurez en cette occasion.

–Aucune qui n’ait été réglée depuis ce temps, tu peux te rassurer.

Joseph reprit contenance et son visage redevint sérieux, presque grave.

–Mais puisque nous parlons de mésalliances, j’aimerai que tu m’expliques la raison de tes agissements avec certaines familles.

–Tel que je vous vois, Père, vous devez faire référence à mes récents entretiens avec les héritiers de la famille Prima et mes tentatives de réconciliations avec les Thodos –qui, si cela peut vous rassurer, n’ont pas été particulièrement fructueuses pour le moment.

–Tu ne t’en défends même pas.

–S’il est une chose que vous m’avez apprise, Père, c’est d’être transparent face au fait accompli. Ce qui est loin d’être une qualité dans notre société. J’ajouterai à cela, que je ne comprends pas pourquoi je tenterais de vous cacher un événement qui a connu une couverture médiatique suffisamment importante pour reléguer la guerre des méchas au rang d’anecdote futile. Imaginons maintenant que je vous mente ; il faudrait encore que je m’en défende, dans le seul but de vous voir retirer un sentiment de satisfaction personnelle au moment où, au bord des larmes, je vous avouerais tout. Or vous ne m’avez jamais éduqué dans le but de vous concéder quoi que ce soit, fut-ce afin d’en retirer un quelconque avantage. En somme, j’imagine que votre éducation a porté ses fruits, et que vous pouvez être fier de ce que je suis devenu.

–Certes. Ce n’était cependant pas réellement l’explication que j’attendais.

–Vous connaissez mon pragmatisme Père. La fédération de Fhèbe prend une ampleur telle que les grandes familles se doivent de lui opposer un front uni. Tant politiquement qu’économiquement. Le temps n’est plus aux questions d’honneur bafoué et de duels à l’épée. Je recherche les alliances utiles en somme.

–Pourquoi eux ?

–Tout d’abord, parce que je me suis découvert quelques affinités avec Ludovic et Adélaïde Prima. Ludovic est un fin bretteur, Adélaïde, une brillante concertiste, et tous deux possèdent une culture impressionnante, et de sérieuses prétentions pour acquérir des parts dans le consortium de l’Union Libre des Marchands. Jusqu’à présent, nous entretenons des rapports cordiaux, mais je suis persuadé que nous nous trouverons très rapidement des intérêts lucratifs communs. J’ai peur que Louis ne m’apprécie pas outre mesure, mais son influence est limitée. Les Prima ne sont pas, à proprement parler, une grande famille, mais je pense qu’ils constitueront un atout décisif dans les temps à venir.

Paul marqua une pause. Il savait que son père s’intéressait principalement aux relations qu’il avait tenté d’établir avec les Thodos.

–Pour ce qui est des Thodos, ce sont les derniers nobles à avoir encore quelques investissements dans la fédération, et un accès à une technologie émergente dont l’exclusivité pourrait nous assurer un retour au premier plan de la scène économique internationale. L’époque des familles ennemies est révolue. Si nous n’évoluons pas, nous disparaîtrons. Je suis persuadé qu’aucun membre ne se souvient exactement la raison des haines qui nous déchirent. Et je pense qu’il est temps de partager autre chose que ma tante avec Edward Thodos.

La famille Thodos était principalement basée à Elone. Cette ville était leur fief depuis des siècles. Malgré la distance quasi continentale qui pouvait séparer ces deux familles d’importance et d’influence égales, Les Roderick et les Thodos se détestait. La seule solution que l’on avait trouvé pour éviter une guerre ouverte dont les conséquences auraient été préjudiciables à la noblesse en premier lieu, à la paix internationale en second, avait été le mariage d’Edward Léopold Thodos à Roselyne Roderick, jeune sœur de Joseph Archibald.

–Malheureusement, j’ai peur que mes tentatives de réconciliations se soient soldées par un échec du fait de l’antagonisme puéril qui uni nos deux familles. Au mieux, ils me prennent pour un hypocrite, au pire, pour un traître à mon sang. Et je pense qu’ils ne traitent avec aucun des deux –s’il y avait eu la possibilité que joue sur une ambiguïté pour atteindre mon but. Peut-être prendront-ils conscience de la gravité de la situation avant qu’il ne soit trop tard.

Paul s’arrêta. Il avait fini complètement ses explications. La transparence ne signifiait pas qu’il n’avait pas tronqué certains détails importants, mais au moins, il avait été parfaitement honnête.

–Je pense maintenant que je vais prendre congé de vous, Père. Ainsi que de nos pairs d’ailleurs. Pour ce qui concernerait des informations supplémentaires, je suis persuadé que vous seriez contrarié de vous apercevoir que vous dépensez tant dans des services de renseignements qui ne vous apportent rien.

–Oui. Nous sommes d’accord. Je vais prévenir la sécurité de...

Sans crier gare, Paul décocha un violent coup de poing dans l’estomac de son père, qui se plia en deux, sous l’effet de la surprise et –il faut l’avouer– de la douleur. C’est qu’il n’y était pas allé de main morte ! Juste avant d’abattre son coude sur l’arrière du crâne de Joseph, il cria :

–Ha, mais gardez-vous en bien, Père ! Vous ne retirerez aucunement les mérites de ma sortie !

Effectivement, Paul n’avait fait que différer la concrétisation de son plan. Il allait enfin pouvoir le mettre à exécution. Intérieurement, il jubilait déjà de l’effet que cela ne manquerait pas de produire. Il prit un otage, au hasard, et se mit à courir en direction d’une verrière. La plus éloignée, il fallait que tout le monde en profite. Henry le suivait de près. Dans le feu de l’action, il ne manqua pas de le souligner :

–Que faîtes-vous Henry ?

–Dois-je rappeler à Monsieur, que les sentinelles supposées le retenir risquent d’être mortifiées par sa disparition inopinée, d’autant qu’elles n’auront été prévenues par Monsieur votre père.

–Et, tel que je vous vois, vous comptez les rassurer.

–La perspicacité de Monsieur me stupéfiera toujours.

–Et si vous ne le faisiez pas ?

Le majordome sourit.

–Voilà qui serait très méchant, Monsieur.

Il adressa à son maître un rapide clin d’œil, s’immobilisa avant de tourner les talons. Il semblait soudainement s’être totalement désintéressé de l’action.

Paul réfléchit rapidement. Et finalement, il préféra la forme au fond. Après avoir relâché son otage, il continua sa course à travers la verrière, la brisa et ri comme un dément à mesure qu’il tombait.

Comme prévu, la sécurité n’avait pas eu le temps de réagir, et la foule resta médusée devant le trou que le jeune Roderick avait percé dans la surface cristalline et qui laissait à présent s’insinuer le vent. Et à la vérité, c’était plutôt pour cela que personne ne lui adressait vraiment la parole…

Vous étiez au moins...